


Zone parent
Quand et comment annoncer la nouvelle à l’enfant?
Le plus tôt possible semble la meilleure stratégie
(Moley-Massol1).
Il faut permettre à l’enfant de cheminer avec les grands, de faire partie du clan. De toute façon, l’enfant est conscient et touché par l’événement. Il ressent tout ce qui se passe autour de lui, perçoit les inquiétudes, surprend des conversations et observe des changements. Il se construit une représentation vraie ou fausse de la situation et y réagit avec tout son être, même si les choses ne lui sont pas dites.
Lui expliquer les événements au fur et à mesure qu’ils surviennent, dans un langage approprié pour son âge, favorise un bon ajustement pour lui.
Certes, la peine risque d’être au rendez-vous, mais parfois les larmes sont nécessaires au cheminement. Il est préférable de ne pas les éviter ni les provoquer. Il suffit de laisser les émotions s’exprimer naturellement. Elles ont un rôle à jouer dans le processus d’adaptation.
1 Isabelle Moley-Massol, L’annonce de la maladie. Une parole qui s’engage, DaTeBe, Paris, 2004.

Annoncer la maladie
Comment communiquer avec l’enfant?
Favoriser les conditions optimales
- Choisir un bon moment pour être entièrement disponible à l’enfant.
- Avoir une attention soutenue.
- Dire ce que l’on sait avec douceur, dans un langage compréhensible et adapté à son âge.
- Permettre à l’enfant de poser des questions et reconnaître ne pas avoir toutes les réponses à lui fournir.
Appliquer des stratégies efficaces
- Être authentique, sincère dans ses échanges avec l’enfant.
- Clarifier la situation pour éviter toute fausse interprétation (peut se faire progressivement, à petites doses).
- Organiser un soutien familial pour la vie au quotidien.
- Maintenir une routine, fonctionner le plus normalement possible.
Les amis et le jeu constituent des atouts importants. La vie doit se poursuivre et s’actualiser dans ses relations et ses jeux. - Éviter de voir l’enfant comme une victime. Lui fournir les conditions qui lui permettront de surmonter et d’intégrer l’expérience difficile.
- Favoriser le développement de ses mécanismes d’adaptation. Aider l’enfant à trouver en lui une source de confiance et de fierté. Par exemple, lui rappeler un défi qu’il a déjà relevé.
- Informer les gens de votre entourage de ce que vous dites à l’enfant pour qu’ils tiennent le même discours.
- Ne pas s’attendre à ce que l’enfant comprenne toutes vos explications. À son niveau de développement, il ne peut pas saisir la même réalité que celle de l’adulte.
- Savoir que chaque enfant est unique, qu’il a un tempérament qui lui est propre.
- Ne pas faire de promesses que vous ne pouvez tenir.
Si possible, personne ne devrait se substituer aux parents.
Il est préférable d’agir comme médiateur, de faciliter la
communication parents-enfant, si nécessaire.
Expliquer la maladie et les traitements
Il est important d’adapter l’explication à l’âge et à la maturité de l’enfant. Voici une approche
générale qui pourrait être adaptée en fonction de la situation spécifique de chaque enfant :

La chimiothérapie
- Vous pouvez utiliser une allégorie. Par exemple : « La chimiothérapie est comme une super-armée de petits soldats microscopiques qui recherchent et combattent les mauvaises cellules ennemies (cancer). »
- Il est essentiel de préparer l’enfant aux effets secondaires des traitements afin d’éviter qu’il panique ou angoisse. Vous pouvez lui parler de fatigue, de douleur, de changement d’apparence et de changement d’humeur possible. Par exemple : « Il y a quelque chose à l’intérieur de mon corps appelé le cancer. Les médecins me donnent des médicaments pour qu’il disparaisse. Le traitement peut parfois faire paraître les gens encore plus malades qu’avant de commencer le traitement, mais c’est ce qui doit se passer pour qu’on puisse aller mieux à long terme. Je me sentirai mieux une fois que tout le traitement sera terminé. »

La radiothérapie
- Il est facilitant d’amorcer l’échange à partir de ce que l’enfant connaît, comme un appareil photo. « Il s’agit d’une caméra très spéciale que l’on trouve seulement dans les hôpitaux. Cette caméra prend des photos de
ce qui se passe dans mon corps et envoie des rayons pour éliminer les mauvaises cellules, là où se trouve le cancer. »
Expliquez à l’enfant que ce traitement laisse des marques sur la peau, mais qu’elles disparaitront avec le temps.
Par ailleurs, tout comme la chimiothérapie, ce traitement engendre aussi une fatigue.

La chirurgie
- Ce traitement consiste à utiliser des instruments médicaux très spéciaux pour enlever les cellules défectueuses. Les médecins qui pratiquent ce travail s’appellent des chirurgiens.
Vous pouvez rassurer l’enfant en lui signifiant que le médecin fait ce qu’il faut pour qu’il n’y ait pas de douleur pendant l’intervention. Il s’agit d’une anesthésie, c’est-à-dire une procédure qui vise à endormir le malade.

Les médicaments
- Faire comprendre à l’enfant que plusieurs médicaments aident aussi à combattre la maladie. Ils se donnent sous forme de pilules ou de liquides. Ils doivent être pris exactement comme le médecin l’a dit. Eux aussi peuvent induire des effets secondaires qu’il est pertinent d’expliquer à l’enfant.
Par exemple : « Les médicaments qui m’aident à guérir me donnent aussi des nausées et me rendent plus fatigué ou fébrile. »
Explorer les réactions possibles
- Peur d’être atteint lui-même par la maladie.
- Peur que le parent atteint meure.
- Peur que l’autre parent soit atteint par la maladie et meure.
- Plusieurs autres émotions : colère, évitement, culpabilité, frustration, tristesse, etc.

Tout comme les adultes, les enfants réagissent ou font face à la perturbation de diverses manières. La réaction d’un enfant inclut généralement toute une gamme de sentiments, de comportements et de réactions.
N’oublions pas qu’ils réagissent de manière enfantine parce qu’ils sont des enfants. La plupart des enfants en bas âge sont très centrés sur eux-mêmes dans tout ce qu’ils pensent ou font. L’enfant a une pensée très concrète et vit dans le moment présent.
Généralement, ce que ressentent les enfants et la façon dont ils font face aux choses changent avec le temps. N’oubliez pas qu’un enfant n’a généralement pas accumulé beaucoup d’expériences passées, et qu’il ne comprend donc pas bien les répercussions que la maladie aura.
Les signes de détresse qui pourraient nécessiter une consultation professionnelle
- Cris et réveils nocturnes (cauchemars) à répétition
- Troubles psychosomatiques (mal de ventre, de tête, mêmes symptômes que son parent malade, etc.) qui persistent dans le temps
- Troubles du comportement (agressivité soutenue envers les autres, crises répétées, mutisme, etc.)
- Régression (recommence à uriner au lit, parle en bébé de façon continue, etc.)
- Difficultés scolaires (baisse de rendement marquée)
- Trouble de l’alimentation (perte d’appétit ou boulimie)
- Isolement (se met en retrait des autres), ne veut plus communiquer pendant un temps relativement prolongé
- État de choc, figé comme une statue, incapable de réagir
L’ensemble de ces réactions est normal dans un contexte où toute la famille est en état
de choc. Toutefois, si les réactions sont fortement intenses où qu’elles perdurent, il est
recommandé de consulter un professionnel.

Soutenir l’enfant
Comment aider l’enfant à composer avec une gamme de sentiments difficiles à tolérer?
- Favoriser le développement d’un vocabulaire émotionnel.
- Aider à identifier ce qu’il ressent et reconnaître ses besoins affectifs.
- Être soi-même un modèle en décrivant ses propres émotions. Par exemple : « Je suis triste de ne pas me sentir assez forte pour jouer avec toi. Je dois me reposer. »
- Signifier à l’enfant que ce type d’émotions est temporaire. Il ne se sentira pas toujours aussi mal.
- Normaliser ses réactions. Il est normal de pleurer quand on est triste.
Les attitudes à adopter
- Rester honnête et tenir les enfants informés.
- Respecter la façon dont ils gèrent les choses, exprimer ses propres sentiments afin que les enfants sachent que c’est normal et acceptable de montrer les leurs.
- Réaliser qu’ils ont besoin de temps et d’espace pour sentir que vous avez la situation en main.
- Leur fournir des options pour qu’ils ne se sentent pas obligés de faire certaines choses, qu’ils aient le choix.
- Préserver une routine : aller à l’école, pratiquer du sport, voir des amis, etc.
- Encourager le cours normal des activités.
Comment réagir à la question : « Est-ce que tu vas mourir? »
- Vérifier ce que l’enfant veut réellement savoir?
- Vérifier ce que l’enfant comprend de la mort. Qu’est-ce qu’il perçoit, comprend et verbalise sur la mort?
- Affirmer que, malgré la maladie, la vie continue dans le présent (ici et maintenant). C’est une façon de le rassurer à propos de notre manque d’emprise sur les événements passés et à venir.
- Donner de l’espoir en la vie, le sécuriser par rapport à son avenir immédiat.
- Identifier et lui communiquer les noms des personnes-ressources autour de lui.
Découvrez le contenu dédié à l’enfant
Prendre soin de soi
Pour l’enfant
S’aider soi-même en aidant les autres.
- Encourager l’enfant à accomplir certaines tâches permet d’atténuer son sentiment d’impuissance. Il peut s’activer à aider son parent en agissant sur son environnement.
- Bien circonscrire son rôle et ce qu’on attend de lui.
- Savoir demander et apprécier l’aide reçue.

Pour vous
Outre les traitements médicaux conventionnels, vous pouvez adopter plusieurs approches complémentaires pour améliorer votre bien-être général.
Il est essentiel de souligner que ces méthodes ne doivent pas remplacer les traitements médicaux prescrits par les professionnels de la santé, mais qu’elles peuvent être envisagées comme des compléments pour aider à atténuer certains symptômes et à favoriser le bien-être émotionnel.
Voici quelques exemples possibles :
- Alimentation saine
- Activité physique (il est important de continuer à être actif à votre mesure)
- Gestion du stress (méditation, respiration profonde, mandalas, etc.)
- Soutien psychologique
- Thérapies complémentaires (acuponcture, massothérapie, etc.)
- Pratique spirituelle
- Socialisation
Utiliser les outils disponibles
N’hésitez pas à consulter le personnel médical, des livres, des brochures, des vidéos, des sites Web, etc.
Vous pouvez aussi vous référez à des organismes d’aide comme la Fondation Virage, la Société canadienne du cancer, la Fondation québécoise du cancer, des services téléphoniques, des services d’aide juridique pour personnes atteintes de cancer et des forums.
Les besoins peuvent varier d’une personne à l’autre, et ces organismes sont là pour aider à répondre à ces besoins de manière spécifique dans chaque région du Québec.
Consultez également la section À propos pour découvrir d’autres ressources.
